Choisir
son médecin est très difficile et important, parce qu'il s'agit du
bien le plus précieux que vous ayez: votre corps. Comme dans
toutes les professions, il est des médecins, entre les mains desquels,
il est risqué de se trouver, et d'autres médecins qui méritent
toute votre confiance. Il y a fort peu de rapports aussi importants
que ceux qui se lient entre un médecin et un patient. Trouver un médecin
compétent et digne de confiance demande temps et efforts. Cela en vaut
la peine, puisque c'est ainsi que vous vous ménagerez des années de
vie de qualité, ou vous pourrez même parfois sauver votre vie. Outre
une grande probité, plusieurs facteurs et qualités doivent être
réunis pour que vous ayez toutes les chances d'être satisfait de votre
choix. Voici les principaux paramètres parmi les 66 que PatientProtect.com
a répertoriés et analysés.
Communication
Vous êtes le partenaire le plus important dans vos soins médicaux.
Le rapport entre patient et médecin doit être établi sur la communication,
la confiance et le respect mutuel. Vous devez vous sentir en confiance.
Le médecin doit vous écouter, répondre à vos questions et vous donner
des explications compréhensibles. Ce sentiment ressenti et cette confiance
sont un élément clef. C'est à la qualité du premier contact, lors de
la première consultation, que vous vous forgerez votre opinion. Vous
devez vous sentir totalement à l'aise.
Plus
vous communiquez avec votre médecin, mieux il pourra agir pour défendre
vos intérêts. Votre docteur devrait faire bon accueil à vos questions.
Elles l'aident à faire un diagnostic correct. Plus vous vous préparez,
plus vous communiquerez efficacement avec votre médecin.
Méfiez-vous
des docteurs branchés qui vous imposent un vocabulaire commercial:
ils ne parlent plus de vous comme d'un patient mais comme d'un client
ou d'un consommateur et ne se dénomment plus médecin,
mais fournisseur de soins ou fournisseur de prestations. Contre vent
et marée, comportez- vous comme un patient, jugez sur ce qui
n'a pas de prix, en particulier la relation entre médecin et
patient, exigez ce qui vous convient et manifestez un comportement libre
et critique.
Disponibilité
En cas d'urgence, comment pouvez-vous atteindre votre médecin? Est-il
facile de prendre un rendez-vous? Faut-il toujours attendre dans la
salle d'attente? Votre médecin devrait programmer suffisamment de temps
pour votre consultation à son cabinet, pour faire un diagnostic et répondre
à vos questions. Mais rappelez-vous que même avec une planification
soigneuse de son temps, les rendez-vous des patients peuvent durer plus
que prévu et vous pouvez devoir attendre. Une fois qu'un patient est
dans la salle d'examen, il peut prendre plus longtemps que prévu si
le diagnostic est plus compliqué que anticipé. Veuillez être patient.
Vous vous attendez à ce que votre médecin prenne aussi le même
soin et la même diligence quand ce sera votre tour! Vous consacre-t-il
le temps qu'il vous facture? Est-il facile d'obtenir un deuxième rendez-vous
avant une opération ou une investigation invasive ? N'acceptez jamais
de vous engager à la hâte pour une opération, une investigation ou une
hospitalisation. Hormis le cas d'urgence vitale, un bon médecin, qui
a vraiment du travail et du succès, doit toujours vous laisser un long
délai de réflexion, et vous informer en deux temps, comme le veut, entre
autres, la jurisprudence du Tribunal fédéral suisse.
Diplômes
Il existe, par exemple en Suisse, des titres de médecin FMH (de Fédération
des Médecins Suisses), qui attestent officiellement de la formation
d'un médecin dans tel ou tel domaine. Il s'agit d'une formation validée
avec une expérience de plusieurs années en milieu hospitalier. Votre
médecin possède-t-il un ou deux titres FMH correspondant à la ou les
spécialités qu'il pratique, et dont vous avez besoin? Il est évident
que vous n'aurez pas l'inconscience de vous faire opérer par un généraliste
ou un dermatologue, et que vous ne permettriez pas à un beau parleur
de vous opérer. Mais votre néphrologue, votre diabétologue, votre anesthésiologiste...
sont-ils vraiment des médecins avec le titre FMH correspondant?
Bouche à oreille
Cela fonctionne bien, à condition de pouvoir se rendre compte des résultats
de visu, ce qui n'est de loin pas toujours possible. C'est ainsi le
cas en chirurgie esthétique, pour beaucoup d'opérations sur les articulations
et par exemple pour une cure chirurgicale de varices, mais pas pour
une opération intraabdominale! Toutefois le bouche à oreille ne suffit
pas à certifier les qualités professionnelles d'un médecin.
Compétences
Depuis combien d'années ce médecin pratique-t-il? Quelle réputation
a-t-il? Vous a-t-il aussi donné des conseils de médecine préventive?
Un bon médecin se préoccupe personnellement de vous et
de votre santé, non pas de vous faire quelque chose. C'est pourquoi
il vous donnera régulièrement un ou plusieurs conseils
de médecine préventive. Votre prise en charge lors de
la première consultation a-t-elle compris une anamnèse, c'est à dire
votre histoire médicale personnelle, un examen physique, et cela avec
respect? N'ayez aucune confiance dans un médecin qui vous prescrit des
examens paracliniques (laboratoire, radiologie...), sans avoir fait
d'abord votre anamnèse et votre examen physique, examen physique dont
l'étendue dépend du résultat de l'anamnèse.
L'indication et la nécessité d'un examen paraclinique dépend toujours
de la condition médicale découverte lors de l'anamnèse et de l'examen
physique.
Sexe
de votre médecin
Le
sexe de votre médecin est une question de choix personnel. Mais
sachez que des études ont démontré que les femmes
médecins donnent, en moyenne, plus de leur temps à leurs
patient(e)s que les médecins de sexe masculin (Courtney McGrath:
in Kiplinger's Personal Finance).
Votre
médecin de doit avoir qu'un seul maître: vous
Les
médecins sont des partenaires dans les soins de leurs patients. Leur
devoir envers le patient est prioritaire. Ils travaillent pour le bien
du patient, pas pour celui du gouvernement, d'une compagnie d'assurance,
ou d'un bureaucrate d'un réseau ou d'un plan de santé (HMO).
D'une manière générale, tout médecin, conventionné
ou non, sait fort bien qu'il n'est pas partie prenante dans le contrat
qui lie l'assuré et l'assureur et dont il n'est pas cosignataire.
En fait le médecin ne doit et ne peut avoir qu'un seul maître:
son patient. Nul ne peut servir deux maîtres, surtout pas un
médecin. Un vieux proverbe de Bourrignon dans le Jura suisse
le rappelle fort bien: celui qui sert deux maîtres en trompe
un, bien souvent les deux.(Stu k sêy dou métr an tronp
un, bïn svan lé dou). L'acceptation de la présence
d'un tiers tout-puissant dans la relation patient-médecin est
le privilège du seul vétérinaire. Seulement dans
cette situation précise, l'animal est propriété
de son maître, lui-même patron du vétérinaire.
Insistez
pour que vos droits en tant que patient soient respectés! Si votre médecin
ne se met pas d'accord sur vos droits fondamentaux, envisagez alors
à chercher un autre médecin.
Hôpital ou clinique où le médecin pratique
Votre
médecin pratique-t-il dans un établissement hospitalier respecté et
financièrement solide? Un hôpital avec des problèmes financiers, ou
subventionné comme le sont presque tous les hôpitaux publiques, est
plus susceptible d'économiser sur les soins et sur l'engagement de personnel
compétent. Un hôpital, dont la majorité des infirmières et des médecins
en formation, (médecins assistants et chefs de clinique ), n'ont que
des diplômes étrangers, souffre vraisemblablement de gros problèmes.
Il est en conséquence irraisonné de lui faire confiance.
Son existence même devrait être remise en question au plus vite.
Si c'est votre médecin de premier recours (médecin de famille,
médecin généraliste etc... ) qui choisit un deuxième
médecin pour vous, par exemple un chirurgien, voir même vous l'impose,
ce qu'il ne devrait surtout pas faire, il prend alors la responsabilité
de ce choix et devra aussi en assurer les conséquences. Méfiez-vous
d'un tel médecin. Il se pourrait qu'il ait même un intérêt financier
à vous conseiller de la sorte. En effet des cas de dichotomie sont
de plus en plus souvent rapportés. La dichotomie est une grave faute
de déontologie. C'est le partage illégal d'honoraires
entre membres des professions de santé: par exemple partage des
honoraires, consenti par le médecin consultant, le spécialiste
ou le chirurgien au médecin traitant qui leur a procuré
tel ou tel patient.
Qu'est
ce qui distingue le médecin très compétent?
La
maîtrise des problèmes complexes, l'amélioration
et la mise à jour des connaissances, l'habileté avec la
quelle les données sont utilisées, analysées et
appliquées, la faculté d'adaptation au stress, l'humour,
la stabilité émotionnelle, l'habileté manuelle,
la vivacité d'esprit, le flair clinique, un souci constant d'efficacité
et de rendement, et surtout une très grande conscience professionnelle
et une éthique solide, voilà les qualités qui distinguent
le médecin très compétent de la moyenne des autres
médecins.
Il
faut également bien choisir son chirurgien
Chaque médecin sait que lexpérience et lhabileté
du chirurgien sont très importants pour le succès d'une
opération. De trop nombreux médecins de premier recours,
font simplement confiance au chirurgien de garde de lhôpital
publique proche ou, pire, adressent leurs patients au chirurgien qui
les paient alors que la dichotomie est interdite par les codes de déontologie
des associations médicales et, en Suisse, également par
la Loi fédérale sur l'assurance maladie.
Recommander au patient un chirurgien dont on connaît les qualités
opératoires demeure un acte médical de la plus haute importance.
Cette vérité évidente est confirmée par
une étude conduite par C. B. Bai et coll.( "Variations in
morbidity after radical prostatectomy" N. Eng .J. Med. 346: 1138-1144.
2002). Les taux de complications tardives post-opératoires, en
particulier la fréquence des sténoses ou des fistules
urinaires et de lincontinence au delà dun an, ont
été corrélés au nombre de patients bénéficiant
de cette
intervention dans chaque hôpital et à lexpérience
des chirurgiens.
Si
dans cette étude aucune différence significative de mortalité
na été constatée en fonction de lhôpital
ou du chirurgien, tel na pas été le cas pour la
morbidité. La morbidité postopératoire était
plus basse dans les hôpitaux les plus expérimentés
et avec les chirurgiens pratiquant le plus dinterventions de ce
type. Cette relation était moins nette pour lincontinence
à un an. Au delà de ces chiffres relativement logiques
et presque rassurants, les auteurs ont encore analysé la morbidité
postopératoire pour les chirurgiens urologues ayant la plus grande
expérience opératoire.
Les résultats sont à la fois consternants et logiques.
Il existe des différences significatives dans les taux de
complications postopératoires précoces et dincontinence
à un an qui ne peuvent être expliquées ni par létat
préopératoire des patients, ni par le type de dhôpital,
ni par le nombre dinterventions réalisé par chaque
praticien. Les infortunés patients de 8 à 13 % des
chirurgiens ont un taux de complications précoces et tardives
supérieur au 99ème percentile, tandis que les heureux
malades de 3 à 14 % des chirurgiens ont des taux de complications
à court et long terme plus bas que le 1er percentile.
Le
choix dun chirurgien pour une intervention telle quune prostatectomie
totale pour cancer repose donc sur des critères relativement
facilement accessibles comme le volume opératoire du centre hospitalier
ou du praticien, mais aussi sur un élément difficilement
évaluable pour les patients ou les médecins de premier
recours: les résultats individuels de chaque opérateur.
Rappelez-vous
ceci au sujet de toute chirurgie:
Il
y a des bénéfices.
Il
y a des choix.
Il
y a des alternatives
C'est
votre corps.
C'est
votre vie.
La
décision finale vous appartient.
Un
cas particulier: choisir son médecin dentiste
Consultez
ce qui figure dans l'excellent site Quackwatch du Docteur Stephen Barrett,
M.D. Board Chairman, Quackwatch, Inc:
http://www.quackwatch.com/, à la page:http://www.quackwatch.com/04ConsumerEducation/dentalchoose.html.