Tenez
compte des remarques déjà faites à propos du choix d'un médecin concernant
la solidité financière de l'établissement hospitalier et sa respectabilité.
Surtout, faites-vous conseiller par votre médecin, à la
condition que ce soit lui-même qui vous prenne en charge dans
cet établissement. Lisez le rapport annuel de l'hôpital.
Si vous ne trouvez pas dans le rapport d'un grand hôpital publique des
chapitres sur la gestion de la qualité et des statistiques sur les incidents
survenus aux patients, surtout si on s'y glorifie de publications médicales,
de posters et de conférences financées par l'industrie des médicaments
et des équipements, méfiez-vous grandement. Se préoccuper
d'un problème, c'est déjà le résoudre partiellement.
L'amélioration des pratiques médicales passe toujours par la connaissance
du nombre d'incidents et de décès, et par la recherche de leurs causes.
Aujourd'hui, tout centre de soins se doit de mettre en place une
lisibilité du suivi des bonnes pratiques et des incidents. A
notre époque, dans le cadre de la gestion globale de la qualité,
toute institution hospitalière publique doit rendre compte
non seulement de sa performance économique mais aussi de la qualité
et de la sécurité des prestations fournies. Vous devez
retrouver dans le rapport annuel de cet hôpital, cela pour chaque
service médical: les incidents/accidents déclarés
menant à une hospitalisation, une prolongation de l'hospitalisation,
une menace vitale pour le patient et/ou le personnel, une pathologie
grave ou tout autre événement inattendu et/ou inconnu
en relation avec une procédure diagnostique ou thérapeutique
ou appartenant au travail quotidien des employé.
Evitez de vous faire soigner dans un hôpital dit de formation, où
il y a plus de médecins en formation, (internes, médecins assistants
et chefs de cliniques ou "Oberärzte"), que de médecins cadres spécialistes
formés et expérimentés (médecin chef de service, médecin chef, médecin
chef adjoint, médecin adjoint, médecin associé). L'encadrement des médecins
en formation y est sans doute déficient, surtout la nuit et les jours
fériés. C'est en particulier le cas, s'il n'y a pas une proportion de
plusieurs vrais médecins cadres titularisés pour un médecin en formation.
Cela 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, c'est évident. Rappelez-vous que,
en Suisse en particulier, les hôpitaux publiques ont presque tous une
mission de formation et c'est donc là que les futurs chirurgiens FMH,
entre autres médecins spécialistes, font leurs premières armes sur vous
et d'autres patients. L'encadrement doit donc y être très rigoureux
24h sur 24, 7 jours sur 7.
Evitez
de vous faire soigner dans un hôpital où les infirmières
ne sont pas toutes excellentes.
Si
l'hôpital vous parait sale, ou que le personnel ne se lave pas
fréquemment les mains, changez rapidement d'hôpital. Cet
hôpital n'a vraisemblablement pas un médecin cadre responsable
de l'hygiène et des infections hospitalières. Vous y risquez
beaucoup plus d'y attraper une infection dite hospitalière
ou nosocomiale. Selon le Centre de surveillance des maladies aux
USA (CDC de Atlanta), les infections nosocomiales affectent chaque années,
aux USA, approximativement 2 millions des patients de soins aigus, cela
à un coût direct de environ 3.5 milliards de dollars. Pour les patients
chroniques hospitalisés dans des hôpitaux et dans des homes, c'est pire
encore. Le CDC estime que plus de 1.5 millions de cas d'infections nosocomiales
s'y produisent tous les ans, soit en moyenne une infection par patient
chronique et par année (CDC, 1999 ). Les études épidémiologiques ont
évalué que un tiers des infections nosocomiales pouvaient être prévenues,
grâce à des programmes de contrôle des infections bien-organisés. Pourtant,
seulement 6 à 9 % de ces infections sont, actuellement, réellement évitées.
Les conférences de mortalité et de morbidité (M&M) ont été introduites
tôt au vingtième siècle (1917) dans les hôpitaux des pays anglo-saxons.
Il s'agit d'un système normalisé de rapport de cas que pratiquent les
médecins des bons hôpitaux, pour étudier les raisons et
les responsabilités concernant les résultats défavorables des soins.
Les conférences M&M sont des revues de cas-par-cas, qui mettent l'accent
sur apprendre ce qui aurait pu avoir été fait différemment dans un cas
donné, plutôt que punir un ou des individus, et qui insistent sur la
valeur de la connaissance, des compétences, et de la vigilance pour
anticiper les problèmes. Ne vous faites pas hospitaliser dans un hôpital
public, où la gestion de la qualité ne comprend pas de
telles conférences M&M.